Lara Lessmann s’éclate en Freestyle

déc. 10, 2019, 16:04

Médaillée d’or aux Jeux Olympiques de la Jeunesse en 2018, classée 2e mondiale dans la catégorie Femmes Elite cette année et abonnée aux podiums internationaux, l’Allemande Lara Lessmann fait partie des têtes d’affiche du BMX Freestyle Park. La jeune athlète de 19 ans a récemment été invitée à effectuer une démonstration de sa discipline lors de l’inauguration officielle du Park de BMX Freestyle du Centre Mondial du Cyclisme (CMC) UCI d’Aigle (Suisse). Nous sommes allés à la rencontre de cette rideuse de haut vol qui garde les pieds sur terre et semble presque surprise de n’être devancée que par la Championne du Monde UCI Hannah Roberts (Etats-Unis) au Classement Mondial UCI.

 

« Je n’y prête pas trop attention en fait, ou je m’en rends seulement compte lorsque je me retrouve invitée à des événements comme celui-ci ! », reconnaît Lara Lessmann, qui a commencé le BMX à l’âge de neuf ans. En 2009, elle se rendait au skatepark du coin avec son grand frère. Au milieu des skateboards, des rollers et des BMX, elle était la « petite sœur de ». Un environnement ludique et sympa où les garçons étaient très majoritaires. « J’y allais avec mon grand frère et je ridais toujours avec les garçons, car il n’y avait pas beaucoup de filles. Quand j’avais 12 ans, mon skatepark a accueilli une grande compétition allemande et j’ai gagné. Eh ouais, j’ai battu les garçons."

 

« Puis j’ai gagné d’autres compétitions nationales et à l’âge de 15 ans, j’ai participé à une compétition FISE en Croatie, et j’ai gagné aussi. ». Plus aucun doute : la « petite sœur » avait un truc en plus. A l’âge de 17 ans, elle entre en sport-études à Berlin. « Ç’a été difficile car il n’y avait pas de BMX, seulement du cyclisme classique. Ç’a été dur de gagner le respect. »

 

Le respect, ses résultats au niveau international ont fini par le forcer. La voilà engagée dans une vie trépidante, rythmée par les entraînements, les voyages et les compétitions.

 

L’entraînement : un cocktail de répétition et d’adrénaline

Lorsqu’elle est chez elle, elle partage son entraînement entre le travail sur le BMX et la salle de musculation, en cas de mauvais temps. Une fois par semaine, elle essaie de nouvelles figures au-dessus d’une zone de réception en mousse : « J’essaie de progresser au quotidien. Tous les jours, j’ai peur. Mais si un jour, tu as vraiment peur, si tu ne le sens pas, alors il vaut mieux ne rien tenter. Je suis une rideuse prudente et confiante. Donc je ne tente une figure que si je suis certaine de pouvoir la poser. »

 

Les nouvelles figures sont peaufinées sur une petite rampe, avant de passer sur une plus grande rampe, puis sur une plus grande encore : « Tous les jours, tu répètes cette figure à l’infini, pour être sûre à 100 % de la rentrer. »

 

Des compétitions dans le monde entier

Depuis qu’elle a obtenu ses diplômes, Lara consacre sa vie à son sport. Pour disputer des compétitions aux quatre coins de la planète, elle a d’ailleurs dû vaincre sa phobie de l’avion. Autant que la compétition en elle-même, elle apprécie de faire découvrir son sport à de nouveaux publics : « Le football, tout le monde connaît, mais ce n’est pas le cas du BMX Freestyle. J’adore le faire découvrir aux gens, en Chine, au Japon, en Argentine… Les gens aiment vraiment ça !"

 

« Ce qu’il y a de bien dans notre sport, c’est que tout le monde est différent. Chacun a son propre style. C’est ce qui le rend aussi cool. Et puis ce n’est pas évident, car il y a des juges. En cyclisme, c’est le plus rapide qui gagne. Ce n’est pas très compliqué de trouver le vainqueur… ». Avec un sacre aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de Buenos Aires 2018, une médaille d’argent et deux quatrièmes places aux trois derniers Championnats du Monde Urban Cycling UCI, à Chengdu (Chine), la jeune fille fait déjà figure d’athlète aguerrie sur l’échiquier international. « Mais ça ne m’empêche pas de stresser comme une dingue encore aujourd’hui. Le matin d’une compétition, j’ai la boule au ventre, je ne peux rien avaler. Mais je pense que c’est bon signe de se sentir comme ça. Juste avant mon run, quand je me retrouve en haut de la rampe, le trac s’envole et le spectacle peut commencer ! »

 

Tokyo 2020

Et le spectacle va continuer aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020, où le BMX Freestyle fera son entrée au programme. Pour Lara, la qualification devrait être une simple formalité. Le grand rendez-vous japonais sera son grand objectif l’année prochaine. L’annonce de l’intégration du BMX Freestyle au programme olympique a attiré de nouvelles athlètes et relevé le niveau de la concurrence : « Si on compare les vidéos des Championnats du Monde de 2017 avec celles d’aujourd’hui, on voit qu’il y a eu une grosse progression. Pas seulement à mon niveau, chez toutes les filles. 

 

« Oui c’est vrai, les Jeux Olympiques seront mon grand objectif l’année prochaine, mais je veux continuer à prendre plaisir avec le BMX et à faire d’autres compétitions, comme les X Games. ». Pour l’heure en tout cas, après avoir enchaîné les déplacements et les compétitions entre avril et novembre, la jeune femme a hâte de prendre un peu de repos. Avec une priorité : passer du temps en famille : « Mes proches me manquent et je veux vraiment passer du temps avec eux ». Tout en travaillant sur son programme de l’année prochaine et en s’accordant des moments de détente bien mérités.

 

« Et je vais aussi essayer de nouvelles figures », ajoute-t-elle. En guise de devoirs de vacances...