L'UCI s'engage en faveur du renforcement de la professionnalisation du cyclisme féminin et de la place des femmes dans la gouvernance du sport

sept. 26, 2018, 17:26

Réuni du 25 au 27 septembre à Innsbruck, en Autriche, en marge des Championnats du Monde Route UCI 2018, le Comité Directeur de l’Union Cycliste Internationale (UCI) a pris aujourd’hui plusieurs décisions importantes, en particulier pour le développement du cyclisme sur route professionnel féminin.

 Dans une optique de professionnalisation des équipes féminines, l’UCI a décidé de créer une nouvelle division, celle des UCI Women’s WorldTeams, pendant féminin des UCI WorldTeams masculins. Ces nouvelles équipes de première division apparaîtront dès 2020. La deuxième division sera constituée quant à elle par les Equipes Continentales Femmes UCI (anciennement Equipes Féminines UCI). Le statut d’UCI Women’s WorldTeams donnera notamment le droit à ces formations de participer à toutes les épreuves de l’UCI Women’s WorldTour. En outre, l’UCI introduira un salaire minimum pour leurs coureuses, ainsi qu’un contrôle rigoureux de tous les contrats des athlètes via l’enregistrement de ces contrats par un cabinet d’audit financier et de conseil, sur le modèle de ce qui existe déjà pour le peloton professionnel masculin.

 Le Calendrier International Route Femmes UCI sera par ailleurs été restructuré, notamment avec l’apparition de la nouvelle classe UCI ProSeries, qui verra également le jour en 2020. Le nouveau calendrier s’articulera dès cette année-là autour d’épreuves des quatre classes suivantes : UCI Women’s WorldTour, UCI ProSeries, classe 1 et classe 2. Plus proche du modèle existant chez les hommes, cette structure répond au développement du cyclisme féminin tout en lui offrant un cadre adapté à sa croissance future.

 Ces mesures, qui font suite à l’annonce hier de la nouvelle organisation du cyclisme sur route professionnel masculin, s’inscrivent dans le cadre de l’Agenda 2022 de l’UCI – qui sera soumis vendredi à l’approbation du Congrès de l’UCI – qui comprend un important volet lié au cyclisme féminin et à la place des femmes dans le cyclisme (au niveau du sport et de la gouvernance). Parmi les objectifs regroupés dans ce document, on retrouve, dans le domaine sportif, le renforcement de l’attractivité de l’UCI Women’s WorldTour et des équipes féminines UCI, ainsi que la mise en œuvre d’un accès égal aux femmes et aux hommes aux compétitions organisées par l’UCI et aux Jeux Olympiques, notamment via l’homogénéisation du format des différentes spécialités. L’égalisation des prize money constitue un autre aspect de cette politique, conforme aux recommandations du Comité International Olympique (CIO) en matière d’égalité hommes-femmes. Dans le domaine de la gouvernance, l’UCI souhaite renforcer l’implication des femmes à tous les niveaux, en particulier dans les postes à responsabilités.

 L’UCI souhaite par ailleurs atteindre la complète parité en termes de nombre d’athlètes par discipline lors des Jeux Olympiques de Paris en 2024. La parité en nombre de médailles, elle, est déjà atteinte.

 Sur le plan des nouvelles spécialités, l’e-mountain bike, le vélo sur neige (snow bike) et la pump track ont été intégrés dans le Règlement Mountain Bike UCI. L’UCI organisera des Championnats du Monde d’e-mountain bike dès 2019. Leur première édition aura lieu dans le cadre des Championnats du Monde Mountain Bike UCI de Mont-Sainte-Anne (Canada).

 Par ailleurs, les règles relatives aux propriétés techniques des équipements vestimentaires ont été clarifiées afin de permettre l’innovation dans le développement de ces derniers (en particulier s’agissant des gains aérodynamiques qu’ils apportent), tout en préservant une concurrence saine entre les coureurs. L’UCI accepte que la pratique sportive du cyclisme soit une activité de haute performance et que les équipements vestimentaires modernes influent positivement sur les performances. Toute nouveauté devra cependant être approuvée en principe en amont de la saison.

 L’UCI a également clarifié les règles qui assurent l’équité entre les athlètes dans le domaine du matériel utilisé. L’utilisation de prototypes reste autorisée, pour autant que ceux-ci aient été approuvés préalablement par l’UCI et qu’ils soient disponibles à la vente pour le public dans un délai raisonnable – clairement défini –  et à un prix comparable à celui des autres produits de catégorie similaire. Pour les Jeux Olympiques, la règle est plus stricte : tout matériel utilisé doit avoir été commercialisé au plus tard le 1er janvier de l’année olympique et déjà utilisé dans le cadre d’épreuves internationales l’année précédant les JO.

 Le Président de l’UCI David Lappartient a déclaré : « Je salue ce développement fondamental pour le cyclisme féminin et le renforcement de la place des femmes dans la gouvernance de notre sport, deux sujets qui figurent parmi les points centraux de l’Agenda 2022 de l’UCI. Les décisions prises aujourd’hui renforceront la professionnalisation du secteur en s’inspirant, mais de manière adaptée, du modèle qui a conduit le cyclisme sur route professionnel masculin à devenir l’un des sports les plus populaires du monde.

 « Je me réjouis aussi de l’intégration de nouvelles spécialités dans le Règlement Mountain Bike UCI. Elles démontrent que le cyclisme est un sport vivant qui continue d’évoluer. Ces évolutions, l’UCI les encourage pour faire grandir le cyclisme au niveau global. »