L'évolution du mountain bike et de ses nombreuses déclinaisons

mai 3, 2019, 13:46

Le mountain bike regroupe un grand nombre de formats, de la famille du cross-country ou de la descente. Certaines disciplines se recoupent, d'autres empruntent à leurs cousines ; elles évoluent dans des directions similaires ou opposées. Chacune se caractérise par son style unique, avec ses propres compétitions, athlètes stars, vélos et équipements spécifiques. Mais à quoi correspondent-elles, et comment en est-on arrivé à toutes ces évolutions ? Explications.

Depuis aussi longtemps que le vélo existe, il y a eu des aventuriers pour tester les limites de ce qu'ils pouvaient faire... et repousser ces limites. Les développements historiques des cycles montrent de nombreuses évolutions pour accommoder la pratique cycliste à des routes non-pavées ou goudronnées (le cyclo-cross par exemple, avec un guidon pour la route, des pneus à crampons, des braquets réduits et d'autres éléments spécialement adaptés pour rouler dans la boue, sur l'herbe et plus tard le gravier), mais il est reconnu que le mountain bike (MTB), cousin direct du cyclo-cross, est né dans les années 1970 en Californie.

Les passionnés se retrouvaient pour courir sur des pistes de montagne sur les hauteurs de Marin County. En l'absence de vélos spécialement adaptés à cette nouvelle scène, les pionniers roulaient sur des modèles "cruiser", avec un cadre en acier, adaptés à leurs courses informelles, avec des pneus larges, un guidon proche de ceux des motos, des freins plus gros et plus puissants, des vitesses adaptées (même si on pratiquait beaucoup de roue libre aux premiers jours de la discipline) et ainsi de suite. Tom Ritchey, Gary Fisher et Keith Bontrager sont parmi les noms qui incarnent cette époque et gardent un large écho dans l'industrie cycliste.

Ces vélos étaient affectueusement qualifiés de "klunkers" (un véhicule éprouvé par le temps, les réparations, etc.), et le terme est resté jusqu’à l’arrivée des mountain bikes. Les limites des premières montures ont amené un autre surnom : "repack races". Les coureurs devaient remettre du lubrifiant ("re-pack") dans leurs freins à moyeu après chaque run en raison des très hautes températures subies lors de descentes à des vitesses que les fabricants de cycles n'avaient jamais envisagées. Une piste sur le Mont Tamalpais de Marin County porte toujours le nom de "repack" pour saluer ces origines.

Cette scène a non seulement donné naissance au mountain bike, mais a vu le développement en particulier de la descente. Ce sport contre la montre impose un niveau technique très élevé qui s'exprime lors de la Coupe du Monde et des Championnats du Monde UCI où s'illustrent des coureurs comme Loïc Bruni, Aaron Gwin et Rachel Atherton sur leurs vélos tout-suspendus au cadre en carbone.

Si les coureurs affrontent individuellement le chrono en descente, le four-cross (4X) réunit des ingrédients similaires mais oppose directement quatre coureurs qui dévalent le parcours au coude-à-coude dans des manches à élimination.

Dans la foulée des "klunkers", d'autres passionnés américains – connus comme les Laguna Rads – se retrouvaient pour rouler, courir et laisser libre cours à leur créativité sur les collines de Laguna Beach. On crédite ce groupe, qui inventait ses propres pistes sur des hauteurs vierges de chemins ou routes, de la paternité du freeride (terme emprunté au snowboard). La volonté de franchir des trous infranchissables a entraîné de nouvelles inventions – passerelles "northshore" et autres rampes – et posé les bases du freeride et du dirt jump.

Des vélos avec des suspensions à débattement important avec un angle de direction étroit et un petit empattement sont utilisés pour des acrobaties extraordinaires – jugées aux points – réalisées par des coureurs courageux comme Cam Zink, Andreu Lacondeguy et Brandon Semenuk dans des compétitions les plus célèbres sont les Red Bull Rampage et Crankworx aux Etats-Unis et en Europe.

 

 

Le dirt jumping s'inspire du freeride : il partage les mêmes principes avec sauts et cascades, le même jargon, le airtime, avec une scène plus accessible, qui se rapproche du BMX Freestyle.

Le trail et le all-mountain sont des pratiques accessibles, plus ouvertes et généralistes, avec des clubs, des centres de trail (souvent équipés avec un télésiège) destinés aux amateurs comme aux chevronnés.  Ces disciplines sont des portes d'entrée, mais de nombreux coureurs y restent et s'y épanouissent. Les vélos sont polyvalents et permettent aux athlètes de gravir et dévaler les bosses, avec un équilibre entre matières premières naturelles et éléments fabriqués par la main de l'homme. Ils peuvent être tout suspendus ou hardtail (suspension avant uniquement) et présentent une grande variété de style, matériaux et spécificités.

L'Enduro est une discipline proche (les termes "Enduro" et "all-mountain" sont parfois interchangeables) qui donne son nom à toute une scène compétitive. Au plus haut niveau, les Enduro World Series (EWS) – intégré au Calendrier International UCI – regroupent huit événements chaque année et Sam Hill et Cécile Ravanel ont remporté de multiples titres ces dernières années.

La dernière discipline majeure du mountain bike est le cross-country (XC) : un format de course intense où les coureurs défient la gravité autant qu'ils en profitent et s'affrontent directement, sur des terrains éprouvants entre piste, cailloux, chemin de forêt et macadam.

 

 

Le cross-country se pratique sur différentes distances : XCO (cross-country Olympique, 80-100 minutes – plusieurs tours sur un circuit court, un format qui fait partie des Jeux Olympiques depuis 1996) et XCC (short track), un nouveau format court, avec 30 à 60 minutes de course sur des circuits de 2 kilomètres. Les courses donnent lieu à des départs groupés et le premier à franchir la ligne d'arrivée s'impose.

Parmi les autres formats, on retrouve le XCM (cross-country Marathon, plus long, sur des parcours plus variés, qui font typiquement jusqu'à 160 km), et le plus récent et nerveux XCE (cross-country Eliminator), un format de course par élimination. Certains coureurs se spécialisent dans une seule discipline, d'autres en pratiquent deux ou plus, et les croisements sont multiples entre ces pratiques cyclistes

Comme pour la descente,  les plus prestigieuses scènes du cross-country Olympique sont la Coupe du Monde UCI Mercedes-Benz et les Championnats du Monde Mountain Bike UCI présentés par Mercedes-Benz, qui se dérouleront cette année au Canada. Parmi les grands noms du cross-country Olympique, on retrouve les Suisses Nino Schurter et Jolanda Neff, multiples Champions du Monde UCI. La Coupe du Monde UCI débute ce mois en Allemagne pour les spécialistes du XCO. Rendez-vous ici prochainement pour en savoir plus.