Mountain bike cross-country : la gloire olympique passe par Izu

juil. 19, 2021, 14:10

Les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 nous offriront deux épreuves de cross-country passionnantes. La course masculine tout d’abord, qui se déroulera le lundi 26 juillet (à 15 h JST), puis l'épreuve féminine qui s’élancera exactement 24 h plus tard. Depuis que le mountain bike cross-country est devenu un sport olympique aux Jeux d'Atlanta en 1996, les courses ont toujours été palpitantes. Les parcours ont aussi fortement évolué sur le plan technique. Au Japon, les athlètes s’affronteront sur un nouveau parcours exigeant, à Izu City, à environ 150 km au sud-est de Tokyo, avec vue sur le Mont Fuji.


Long de 4’100 mètres, le parcours mountain bike d’Izu présente 150 mètres de dénivelé, sur un circuit – à parcourir entre 7 et 9 fois – mêlant montées courtes et raides, descentes abruptes et parties techniques dans la rocaille. Après l’épreuve test d'octobre 2019, remportée par les Suisses Nino Schurter et Jolanda Neff, tout le monde s'accorde à dire qu'Izu est le tracé le plus difficile jamais emprunté pour une épreuve olympique. Et la chaleur du mois de juillet pourrait encore davantage compliquer l'épreuve.


Le chant du cygne de Schurter ?


En trois éditions des Jeux Olympiques, Nino Schurter a goûté à tous les métaux : le bronze en 2008 à Pékin, l'argent à Londres en 2012 et enfin l'or à Rio en 2016. Cinq ans plus tard, le Suisse continue de briller dans sa discipline, mais à 35 ans, le poids des années pourrait le rattraper…


Le Champion Olympique en titre a égalé le record de sept victoires au classement général de la Coupe du Monde UCI de cross-country détenu par Julien Absalon. Il compte 32 victoires en Coupe du Monde UCI contre 33 pour le Français et détient huit titres de Champion du Monde UCI contre cinq pour Absalon. Au Japon, Schurter pourra imiter le Français, seul coureur à avoir réalisé le doublé dans la catégorie Hommes XCO (Athènes 2004 et Pékin 2008). 


La plus grande menace pour Schurter pourrait bien venir de son propre camp. Son compatriote Mathias Flückiger a pris davantage d'épaisseur cette année et s'est même emparé du maillot de leader de la Coupe du Monde Mountain Bike UCI Mercedes-Benz de XCO à la faveur de ses victoires lors des dernières manches à Leogang (Autriche) et aux Gets (France). La Suisse s’est classée en tête des qualifications pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Fin mai, Flückiger a relégué son aîné à plus d'une minute pour s'offrir le titre national.

 

 

 

 

Des outsiders de toutes les disciplines


De nombreux coureurs talentueux rêvent eux aussi d'écrire l'histoire. C'est le cas de Mathieu Van der Poel, qui ambitionne de succéder à Bart Brentjens, seul Néerlandais sacré Champion Olympique de cross-country, à Atlanta en 1996. Le quadruple Champion du Monde UCI de cyclo-cross, également vainqueur des titres nationaux sur la route et en XCO, a laissé de côté un succès au général de la Coupe du Monde UCI 2019 de XCO pour privilégier ses ambitions sur l’UCI WorldTour. Cette année, Mathieu Van der Poel a préparé l'épreuve olympique de cross-country en s'alignant sur le Tour de France où il a brillé avec une victoire d'étape et en portant le maillot jaune.


Un autre coureur a fait les gros titres en passant du cyclo-cross à la route et au mountain bike. Il s'agit du Britannique Tom Pidcock. Après avoir remporté cette année le XCO lors de la manche de Coupe du Monde Mountain Bike UCI Mercedes-Benz de Nové Město na Moravě (République tchèque) en mai dernier, il s'est ensuite cassé la clavicule à l'entraînement. Le Britannique a tout donné pour se rétablir, mais aura-t-il réellement retrouvé toutes ses sensations ?


Jordan Sarrou, Champion du Monde UCI, et Victor Koretzky, 27 ans et vainqueur de la manche de Coupe du Monde UCI XCO d’Albstadt (Allemagne), forment un duo français redoutable. Il faudra également garder à l'œil le Tchèque Ondřej Cink, deuxième des deux dernières manches de la Coupe du Monde UCI, ainsi que le trio italien (2e des qualifications), emmené par Luca Braidot.


Pour concurrencer tous ces athlètes européens, il faudra peut-être se tourner vers Henrique Avancini. Le Brésilien a remporté sa première victoire en Coupe du Monde UCI à Nové Město en 2020. Le Sud-Africain Alan Hatherly, Champion du Monde UCI des Moins de 23 ans en 2018, aimerait quant à lui récidiver après avoir décroché la médaille de bronze lors des derniers Jeux du Commonwealth. Le Néo-Zélandais Anton Cooper, Champion du Monde UCI Juniors en 2012, et le Japonais Kohei Yamamoto auront eux aussi l'intention de se montrer.


Le retour de Rissveds


Avec deux podiums lors des deux dernières manches de la Coupe du Monde UCI, Jenny Rissveds signe un fantastique retour au plus haut niveau. La Suédoise a connu une carrière en dent de scie avec en point d'orgue le titre olympique à Rio en 2016. Sa première victoire en Coupe du Monde UCI à Lenzerheide (Suisse) en 2019 a marqué une étape importante dans son périple vers Tokyo.

 

Si Rissveds venait à conserver son titre, elle ferait aussi bien que l'Italienne Paola Pezzo, sacrée à Atlanta en 1996 puis à Sydney en 2000. 


Le bel élan français


Avec quatre victoires en quatre manches de Coupe du Monde UCI, la Française Loana Lecomte semble inarrêtable. Mais le parcours d'Izu lui conviendra-t-il ? Plus expérimentée, Pauline Ferrand-Prévot atteindra-t-elle son pic de forme pour travailler avec sa compatriote voire la dépasser ? Depuis septembre 2019, ces deux remarquables athlètes ont remporté les sept manches de la Coupe du Monde UCI disputées. La France possède de bonnes chances de décrocher l'or olympique, comme Julie Bresset à Londres en 2012. 



Jolanda Neff a signé son retour de blessure en s'adjugeant récemment le titre national suisse. La Championne du Monde UCI 2017 a aussi remporté l'épreuve test sur le parcours d'Izu. Ce jour-là, sa compatriote Sina Frei avait terminé deuxième puis en mai dernier, elle a pris la troisième place lors des Championnats Suisses que Linda Indergand a terminé à la quatrième place. La médaillée d'or à Tokyo pourrait bien provenir de ce trio qui représente la nation la mieux placée en qualifications. 


Le duo néerlandais, composé d'Anne Terpstra et Anne Tauber, aimerait déjouer les pronostics. Et parmi les plus jeunes talents, la Britannique Evie Richards et l'Autrichienne Laura Stigger veulent aussi briller.


L'Américaine Haley Batten fait partie des favorites non européennes de cette course olympique. Elle a signé deux podiums en Coupe du Monde UCI cette année, aux côtés de sa compatriote Kate Courtney, Championne du Monde UCI Elite en 2018 et lauréate de la Coupe Monde UCI 2019. Haley Smith et Catharine Pendrel, médaillée de bronze en 2016, représentent le Canada. Rebecca McConnell peut aussi nourrir de grands espoirs sur cette épreuve. L'Australienne a acquis beaucoup d'expérience à Rio et s'est aussi distinguée avec des podiums en Coupe du Monde UCI ces deux dernières saisons, ainsi qu'aux Championnats du Monde UCI 2020.