Centre Mondial du Cyclisme UCI : des stagiaires mountain bike dans quatre pays et fuseaux horaires

avr. 29, 2020, 09:54

Aujourd’hui, lorsque les athlètes mountain bike du Centre Mondial du Cyclisme (CMC) UCI s’entraînent ensemble, l’un est prêt à aller se coucher tandis qu’un autre vient de se réveiller.

 

Ce n’est qu’un des problèmes logistiques rencontrés par les quatre athlètes lorsqu’ils se connectent pour leur entraînement depuis chez eux : Akari Kobayashi vit au Japon, Agustin Duran est retourné chez lui en Argentine, Kätlin Kukk finit ses études en Estonie, et Tumelo Makae, qui n’a pas pu retourner au Lesotho, est resté au CMC UCI, à Aigle (Suisse).

 

Après avoir commencé l’année comme un groupe soudé, les quatre athlètes ont été disséminés aux quatre coins du monde depuis la fin du mois de mars en raison de la pandémie de Covid-19. Le décalage horaire entre eux atteint jusqu’à 12 heures.

 

« Je veux qu’ils se sentent toujours comme une équipe, et pas isolés, explique Charlie Evans, leur entraîneur du CMC UCI. C’est un défi psychologique plus que tout. Avec notre kiné Izzy Zens, j’ai animé des sessions de renforcement musculaire en groupe, de la simple récupération à des circuits d’entraînement. 

 

« La décision de les renvoyer chez eux n’a pas été facile, confie-t-il. Ils voulaient être là, avaient confiance en l’entraînement et s’étaient préparés à être loin de leur famille pendant cette période. Nous avons eu un excellent soutien de notre Directeur (du CMC UCI, Vincent Jacquet) et beaucoup d’idées pour qu’ils restent motivés, en bonne santé et intéressés. Mais au vu de la situation, sa gravité et l’incertitude, les renvoyer chez eux était sans aucun doute la meilleure chose à faire. »

 

 

Lors de son retour en Argentine, Agustin Duran a été bloqué 28 heures à l’aéroport de Madrid, puis le gouvernement lui a imposé une quarantaine de 14 jours imposée à son arrivée. Il est heureux d’avoir maintenant retrouvé sa famille dans la ville de Chilecito.

 

Basé au CMC UCI depuis 2018 – année de sa participation aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de Buenos Aires et de sa deuxième place aux Championnats Continentaux d’Amérique chez les Juniors –, Duran a du mal à combattre l’ennui : « Il y a des moments, tu ne sais pas quoi faire. Ça me manque de sortir m’entraîner avec les autres et le coach. Les longues sorties étaient un plaisir. Les infrastructures du Centre me manquent également, comme la salle de musculation, le restaurant... tout. Mais j’essaie de rester calme. On est tous dans le même bateau. C’est difficile de s’entraîner sans avoir d’objectif, mais je reste positif. Tout reviendra à la normale et il faut être prêt. »

 

Au tout début de la pandémie, Akari Kobayashi avait choisi de ne pas retourner au Japon pour sa remise de diplôme afin d’éviter tout risque. Paradoxalement, elle est aujourd’hui avec sa famille dans la préfecture de Nagano : « J’étais vraiment choquée quand j’ai appris que nous devions tous rentrer à la maison. L’entraînement est toujours ma priorité, puis réviser pour l’université et aider aux différentes tâches dans la maison. Les sessions de groupe avec l’équipe se déroulent la nuit pour moi au Japon, mais c’est génial parce que je vois tout le monde et on peut s’entraîner ensemble en ligne. »

 

 

L’Estonienne Kätlin Kukk avait été choisie pour s’entraîner au CMC UCI après un camp d’identification de talents à Aigle, à fin 2019. Etudiante à l’Audentes Sports Gymnasium d’Otepää, à 230 km au sud de chez elle, près de Tallinn, elle se concentre pour finir son année d’études après une longue saison de cyclo-cross.

 

« On peut encore sortir, donc je fais autant de vélo que possible, mais ça me manque de m’entraîner avec l’équipe et de découvrir les sentiers incroyables des montagnes suisses. Ici, je m’entraîne surtout seule, et il n’y a pas de montagnes. C’est très plat autour de Tallinn. »

 

Le Lésothien Tumelo Makae n’a pas pu retourner chez lui pour retrouver sa femme et sa famille en raison des restrictions à la frontière : changer d’avion en Afrique du Sud était impossible. Il reste dans l’hébergement Mon Séjour, à Aigle, d’habitude rempli d’athlètes du CMC UCI de toutes les disciplines : « Les premiers jours ont été un peu durs. C’est bizarre à Mon Séjour sans athlètes, mais je vais bien. Il y a notre petite salle de musculation et je peux m’entraîner en extérieur comme d’habitude. Chez moi, c’est un confinement total et je n’aurais pas eu la possibilité de faire du vélo en extérieur ou d’aller dans une salle de musculation. Ce n’est pas le pire, mais tout le monde veut être avec sa famille dans cette période difficile et étrange. »

 

De leur côté, deux coureurs Juniors, l’Israélienne Naomi Luria et le Brésilien Alex Malacarne (actuellement 4e Junior au Classement UCI) devaient arriver au CMC UCI cette semaine, mais, pandémie oblige, ils ont rencontré les autres athlètes en vidéo.

 

« Ils prennent part à nos activités étant donné qu’ils auraient dû être avec nous maintenant, explique l’entraîneur Evans, qui ajoute que les autres stagiaires étaient rentrés chez eux après une bonne préparation pour la saison et déjà de bons résultats.

 

« Je leur ai conseillé de ne pas essayer de s’accrocher à cette forme. Nous avons convenu de chercher de travailler les fondamentaux et de se maintenir en forme. C’est comme une nouvelle trêve hivernale. Le groupe est encore jeune, donc il est essentiel de poser les bases pour la puissance, l’endurance et la technique. 

 

« Il faut voir le bon côté des choses dans cette situation : ils peuvent travailler les fondamentaux sans obligation de résultats et d’atteindre leur pic de forme pour tel ou tel événement. 

 

« L’objectif principal de l’entraînement est de les maintenir en forme, de travailler sur les faiblesses personnelles et de garder la motivation... »

Centre Mondial du Cyclisme UCI : des stagiaires mountain bike dans quatre pays et fuseaux horaires

avr. 29, 2020, 09:54 by Adrien de Cheveigné

Aujourd’hui, lorsque les athlètes mountain bike du Centre Mondial du Cyclisme (CMC) UCI s’entraînent ensemble, l’un est prêt à aller se coucher tandis qu’un autre vient de se réveiller.

 

Ce n’est qu’un des problèmes logistiques rencontrés par les quatre athlètes lorsqu’ils se connectent pour leur entraînement depuis chez eux : Akari Kobayashi vit au Japon, Agustin Duran est retourné chez lui en Argentine, Kätlin Kukk finit ses études en Estonie, et Tumelo Makae, qui n’a pas pu retourner au Lesotho, est resté au CMC UCI, à Aigle (Suisse).

 

Après avoir commencé l’année comme un groupe soudé, les quatre athlètes ont été disséminés aux quatre coins du monde depuis la fin du mois de mars en raison de la pandémie de Covid-19. Le décalage horaire entre eux atteint jusqu’à 12 heures.

 

« Je veux qu’ils se sentent toujours comme une équipe, et pas isolés, explique Charlie Evans, leur entraîneur du CMC UCI. C’est un défi psychologique plus que tout. Avec notre kiné Izzy Zens, j’ai animé des sessions de renforcement musculaire en groupe, de la simple récupération à des circuits d’entraînement. 

 

« La décision de les renvoyer chez eux n’a pas été facile, confie-t-il. Ils voulaient être là, avaient confiance en l’entraînement et s’étaient préparés à être loin de leur famille pendant cette période. Nous avons eu un excellent soutien de notre Directeur (du CMC UCI, Vincent Jacquet) et beaucoup d’idées pour qu’ils restent motivés, en bonne santé et intéressés. Mais au vu de la situation, sa gravité et l’incertitude, les renvoyer chez eux était sans aucun doute la meilleure chose à faire. »

 

Agustin à l'entrée de sa ville

 

Lors de son retour en Argentine, Agustin Duran a été bloqué 28 heures à l’aéroport de Madrid, puis le gouvernement lui a imposé une quarantaine de 14 jours imposée à son arrivée. Il est heureux d’avoir maintenant retrouvé sa famille dans la ville de Chilecito.

 

Basé au CMC UCI depuis 2018 – année de sa participation aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de Buenos Aires et de sa deuxième place aux Championnats Continentaux d’Amérique chez les Juniors –, Duran a du mal à combattre l’ennui : « Il y a des moments, tu ne sais pas quoi faire. Ça me manque de sortir m’entraîner avec les autres et le coach. Les longues sorties étaient un plaisir. Les infrastructures du Centre me manquent également, comme la salle de musculation, le restaurant... tout. Mais j’essaie de rester calme. On est tous dans le même bateau. C’est difficile de s’entraîner sans avoir d’objectif, mais je reste positif. Tout reviendra à la normale et il faut être prêt. »

 

Au tout début de la pandémie, Akari Kobayashi avait choisi de ne pas retourner au Japon pour sa remise de diplôme afin d’éviter tout risque. Paradoxalement, elle est aujourd’hui avec sa famille dans la préfecture de Nagano : « J’étais vraiment choquée quand j’ai appris que nous devions tous rentrer à la maison. L’entraînement est toujours ma priorité, puis réviser pour l’université et aider aux différentes tâches dans la maison. Les sessions de groupe avec l’équipe se déroulent la nuit pour moi au Japon, mais c’est génial parce que je vois tout le monde et on peut s’entraîner ensemble en ligne. »

 

Akari de retour au Japon

 

L’Estonienne Kätlin Kukk avait été choisie pour s’entraîner au CMC UCI après un camp d’identification de talents à Aigle, à fin 2019. Etudiante à l’Audentes Sports Gymnasium d’Otepää, à 230 km au sud de chez elle, près de Tallinn, elle se concentre pour finir son année d’études après une longue saison de cyclo-cross.

 

« On peut encore sortir, donc je fais autant de vélo que possible, mais ça me manque de m’entraîner avec l’équipe et de découvrir les sentiers incroyables des montagnes suisses. Ici, je m’entraîne surtout seule, et il n’y a pas de montagnes. C’est très plat autour de Tallinn. »

 

Le Lésothien Tumelo Makae n’a pas pu retourner chez lui pour retrouver sa femme et sa famille en raison des restrictions à la frontière : changer d’avion en Afrique du Sud était impossible. Il reste dans l’hébergement Mon Séjour, à Aigle, d’habitude rempli d’athlètes du CMC UCI de toutes les disciplines : « Les premiers jours ont été un peu durs. C’est bizarre à Mon Séjour sans athlètes, mais je vais bien. Il y a notre petite salle de musculation et je peux m’entraîner en extérieur comme d’habitude. Chez moi, c’est un confinement total et je n’aurais pas eu la possibilité de faire du vélo en extérieur ou d’aller dans une salle de musculation. Ce n’est pas le pire, mais tout le monde veut être avec sa famille dans cette période difficile et étrange. »

 

De leur côté, deux coureurs Juniors, l’Israélienne Naomi Luria et le Brésilien Alex Malacarne (actuellement 4e Junior au Classement UCI) devaient arriver au CMC UCI cette semaine, mais, pandémie oblige, ils ont rencontré les autres athlètes en vidéo.

 

« Ils prennent part à nos activités étant donné qu’ils auraient dû être avec nous maintenant, explique l’entraîneur Evans, qui ajoute que les autres stagiaires étaient rentrés chez eux après une bonne préparation pour la saison et déjà de bons résultats.

 

« Je leur ai conseillé de ne pas essayer de s’accrocher à cette forme. Nous avons convenu de chercher de travailler les fondamentaux et de se maintenir en forme. C’est comme une nouvelle trêve hivernale. Le groupe est encore jeune, donc il est essentiel de poser les bases pour la puissance, l’endurance et la technique. 

 

« Il faut voir le bon côté des choses dans cette situation : ils peuvent travailler les fondamentaux sans obligation de résultats et d’atteindre leur pic de forme pour tel ou tel événement. 

 

« L’objectif principal de l’entraînement est de les maintenir en forme, de travailler sur les faiblesses personnelles et de garder la motivation... »

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