S'entraîner pour la piste... sans piste : les stagiaires du Centre Mondial du Cyclisme UCI adaptent leurs plans

mai 4, 2020, 14:24

Continuer à avancer face à l’adversité.

 

De toutes les qualités qu'ils ont développées lors de leur séjour en Suisse au Centre de haute performance d'Aigle, les stagiaires piste du Centre Mondial du Cyclisme UCI ne pensaient pas avoir à utiliser cette capacité à faire face aux difficultés si tôt.

 

Mais avec l'annulation ou le report de leurs courses, leurs partenaire d'entraînement dispersés dans différents pays et aucun vélodrome à disposition pour s'entraîner, ils ont dû s’appuyer sur cette ressource essentielle.

 

« Ils retireront à coup sûr beaucoup de choses positives de cette situation, confirme leur entraîneur Craig MacLean, dont les athlètes, qu'il entraîne à distance, sont confinés dans leurs pays respectifs depuis le début de la pandémie de coronavirus. Ils ont découvert qu’ils possèdent bien plus de ressources qu’ils ne le pensaient et qu'ils sont suffisamment disciplinés pour continuer à s’entraîner dur de leur côté. 

 

« Ils n’en étaient peut-être pas sûrs auparavant, mais c’est aujourd’hui clair : en tant qu’athlètes de haut niveau, ils ont cette capacité à continuer d'avancer face à l’adversité. Découvrir cette force de caractère ne peut que leur donner confiance. »

 

L'Ecossais MacLean, ancien médaillé olympique (argent sur la vitesse par équipes lors des JO de Sydney 2000) et Champion du Monde UCI ( de la vitesse par équipes, à Copenhague en 2002), est fier de la façon dont ses athlètes - dont certains sont qualifiés pour les JO de Tokyo – gèrent leurs confinements respectifs en Thaïlande (trois athlètes), à Trinité-et-Tobago (deux athlètes), en Italie (un athlète) et en Grande-Bretagne (un athlète).

 

« Je pense que c’est bien plus difficile mentalement qu’on ne le pense, mais l’entraînement intense peut aider à garder un cadre, explique l’entraîneur. Ce qui aide à vivre la situation actuelle, c’est qu’elle est la même  pour la plupart des athlètes dans le monde ; alors au moins nos stagiaires n’ont pas l’impression de rater le coche ou de prendre du retard. »

 

Des progrès en cours

 

« La clé, c’est d’avoir une routine avec un objectif et un cadre. Nous voyons du progrès chez certains de nos athlètes, alors ce sera intéressant de voir comment cela se traduit en résultats concrets sur la piste lorsque les choses reviendront à la normale. »

 

Pour Craig MacLean, l’un des principaux défis réside dans le fait que les athlètes utilisent tous un équipement différent : « Cela rend les choses difficiles lorsqu’il s’agit d’élaborer des entraînements, et il a fallu du temps pour trouver la recette qui fonctionne. Aucun athlète n’a accès à un vélodrome, mais grâce aux home trainers, la plupart d’entre eux ont pu reproduire le type d’entraînement qu’ils suivent d’habitude sur piste. »

 

Certains de ses athlètes lui envoient des vidéos de leur entraînement, ce qui lui permet de leur envoyer des commentaires constructifs. Comme pour les stagiaires du CMC UCI d’autres disciplines, les pistards essaient également de participer aux sessions de renforcement et d’étirements en groupe dirigées par la kiné du Centre.

 

« Cela été très utile pour que les athlètes restent en contact les uns avec les autres et qu’ils gardent un esprit d’équipe », explique MacLean.

 

Infrastructures fermées en Thaïlande

 

Vivant seul dans son appartement de Bangkok (Thaïlande), Jai Angsuthasawit apprécie les sessions en groupe pour rester en contact avec les autres athlètes du CMC UCI : « L’équipe , l’aspect social et le côté pratique d’avoir toutes les infrastructures réunies en un seul endroit me manque, dit-il. C’est dur de passer d’un entraînement quotidien dans un environnement professionnel à s’entraîner seul chez soi . Le vélodrome et les salles de sport sont fermés ici, tout comme les voies cyclables publiques. J'utilise donc un vélo d'appartement ou les quelques haltères disponibles pour mon entraînement avec un autre membre de l’équipe thaïlandaise. 




« Pour le moment, je fais une session tranquille sur le vélo après m’être levé, puis je consacre mes après-midis à des efforts plus intenses. »

 

Après une saison très régulière qui l'a vu terminer premier au général du keirin dans la Coupe du Monde Piste Tissot UCI 2019-2020, Jai Angsuthasawit n’a pas de problème à se motiver : « J’aime ce sport et je fais tout pour arriver au sommet un jour. »

 

Poursuivre le rêve olympique

C’est la même motivation qui anime Jaïr Tjon En Fa : lui qui n’a pas pu retourner au Suriname en raison des restrictions aux frontières est resté dans son logement de Mon Séjour, à Aigle, à seulement deux kilomètres du Centre Mondial du Cyclisme UCI, temporairement fermé. 




« Je suis qualifié pour les Jeux Olympiques de Tokyo, ce qui m’aide à rester très motivé, dit-il. Le report n’a pas été une si grande surprise. Ce n’est pas comme si je l’espérais ou le voulais, mais je pense que c’était la meilleure décision étant donné la situation actuelle. Ça me laisse également une année supplémentaire pour me préparer. 

 

« L’entraînement est différent, c’est évident, mais je peux toujours faire le gros du travail. On a déplacé une partie de l’équipement de musculation du CMC UCI à Mon Séjour, et je fais beaucoup d’entraînement piste sur le Wattbike. J’ai passé plus de temps sur un vélo de route que d’habitude, et dans l’ensemble l’entraînement se déroule bien. 

 

« Si j’étais rentré chez moi, je n’aurais pas pu m’entraîner du tout, donc rester ici est une bonne chose pour moi. Je peux aussi m’entraîner sur la route, ce qui est très difficile au Suriname », conclut-il.

S'entraîner pour la piste... sans piste : les stagiaires du Centre Mondial du Cyclisme UCI adaptent leurs plans

mai 4, 2020, 14:24 by Adrien de Cheveigné

Continuer à avancer face à l’adversité.

 

De toutes les qualités qu'ils ont développées lors de leur séjour en Suisse au Centre de haute performance d'Aigle, les stagiaires piste du Centre Mondial du Cyclisme UCI ne pensaient pas avoir à utiliser cette capacité à faire face aux difficultés si tôt.

 

Mais avec l'annulation ou le report de leurs courses, leurs partenaire d'entraînement dispersés dans différents pays et aucun vélodrome à disposition pour s'entraîner, ils ont dû s’appuyer sur cette ressource essentielle.

 

« Ils retireront à coup sûr beaucoup de choses positives de cette situation, confirme leur entraîneur Craig MacLean, dont les athlètes, qu'il entraîne à distance, sont confinés dans leurs pays respectifs depuis le début de la pandémie de coronavirus. Ils ont découvert qu’ils possèdent bien plus de ressources qu’ils ne le pensaient et qu'ils sont suffisamment disciplinés pour continuer à s’entraîner dur de leur côté. 

 

« Ils n’en étaient peut-être pas sûrs auparavant, mais c’est aujourd’hui clair : en tant qu’athlètes de haut niveau, ils ont cette capacité à continuer d'avancer face à l’adversité. Découvrir cette force de caractère ne peut que leur donner confiance. »

 

L'Ecossais MacLean, ancien médaillé olympique (argent sur la vitesse par équipes lors des JO de Sydney 2000) et Champion du Monde UCI ( de la vitesse par équipes, à Copenhague en 2002), est fier de la façon dont ses athlètes - dont certains sont qualifiés pour les JO de Tokyo – gèrent leurs confinements respectifs en Thaïlande (trois athlètes), à Trinité-et-Tobago (deux athlètes), en Italie (un athlète) et en Grande-Bretagne (un athlète).

 

« Je pense que c’est bien plus difficile mentalement qu’on ne le pense, mais l’entraînement intense peut aider à garder un cadre, explique l’entraîneur. Ce qui aide à vivre la situation actuelle, c’est qu’elle est la même  pour la plupart des athlètes dans le monde ; alors au moins nos stagiaires n’ont pas l’impression de rater le coche ou de prendre du retard. »

 

Des progrès en cours

 

« La clé, c’est d’avoir une routine avec un objectif et un cadre. Nous voyons du progrès chez certains de nos athlètes, alors ce sera intéressant de voir comment cela se traduit en résultats concrets sur la piste lorsque les choses reviendront à la normale. »

 

Pour Craig MacLean, l’un des principaux défis réside dans le fait que les athlètes utilisent tous un équipement différent : « Cela rend les choses difficiles lorsqu’il s’agit d’élaborer des entraînements, et il a fallu du temps pour trouver la recette qui fonctionne. Aucun athlète n’a accès à un vélodrome, mais grâce aux home trainers, la plupart d’entre eux ont pu reproduire le type d’entraînement qu’ils suivent d’habitude sur piste. »

 

Certains de ses athlètes lui envoient des vidéos de leur entraînement, ce qui lui permet de leur envoyer des commentaires constructifs. Comme pour les stagiaires du CMC UCI d’autres disciplines, les pistards essaient également de participer aux sessions de renforcement et d’étirements en groupe dirigées par la kiné du Centre.

 

« Cela été très utile pour que les athlètes restent en contact les uns avec les autres et qu’ils gardent un esprit d’équipe », explique MacLean.

 

Infrastructures fermées en Thaïlande

 

Vivant seul dans son appartement de Bangkok (Thaïlande), Jai Angsuthasawit apprécie les sessions en groupe pour rester en contact avec les autres athlètes du CMC UCI : « L’équipe , l’aspect social et le côté pratique d’avoir toutes les infrastructures réunies en un seul endroit me manque, dit-il. C’est dur de passer d’un entraînement quotidien dans un environnement professionnel à s’entraîner seul chez soi . Le vélodrome et les salles de sport sont fermés ici, tout comme les voies cyclables publiques. J'utilise donc un vélo d'appartement ou les quelques haltères disponibles pour mon entraînement avec un autre membre de l’équipe thaïlandaise. 


Jai est impatient de pouvoir à nouveau franchir la ligne d'arrivée d'une course

« Pour le moment, je fais une session tranquille sur le vélo après m’être levé, puis je consacre mes après-midis à des efforts plus intenses. »

 

Après une saison très régulière qui l'a vu terminer premier au général du keirin dans la Coupe du Monde Piste Tissot UCI 2019-2020, Jai Angsuthasawit n’a pas de problème à se motiver : « J’aime ce sport et je fais tout pour arriver au sommet un jour. »

 

Poursuivre le rêve olympique

C’est la même motivation qui anime Jaïr Tjon En Fa : lui qui n’a pas pu retourner au Suriname en raison des restrictions aux frontières est resté dans son logement de Mon Séjour, à Aigle, à seulement deux kilomètres du Centre Mondial du Cyclisme UCI, temporairement fermé. 


Jair défendra les couleurs de son pays lors des Jeux de Tokyo

« Je suis qualifié pour les Jeux Olympiques de Tokyo, ce qui m’aide à rester très motivé, dit-il. Le report n’a pas été une si grande surprise. Ce n’est pas comme si je l’espérais ou le voulais, mais je pense que c’était la meilleure décision étant donné la situation actuelle. Ça me laisse également une année supplémentaire pour me préparer. 

 

« L’entraînement est différent, c’est évident, mais je peux toujours faire le gros du travail. On a déplacé une partie de l’équipement de musculation du CMC UCI à Mon Séjour, et je fais beaucoup d’entraînement piste sur le Wattbike. J’ai passé plus de temps sur un vélo de route que d’habitude, et dans l’ensemble l’entraînement se déroule bien. 

 

« Si j’étais rentré chez moi, je n’aurais pas pu m’entraîner du tout, donc rester ici est une bonne chose pour moi. Je peux aussi m’entraîner sur la route, ce qui est très difficile au Suriname », conclut-il.

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